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Comment se porte la justice ? "Les changements ont été (beaucoup) trop rapides"

Prenons le pouls du monde des tribunaux à travers le regard des avocats carolos… La profession doit en permanence s’adapter à des lois qui ne cessent d’évoluer. Il faut aussi faire avec moins de moyens. Comment dès lors ces changements sont-ils vécus par la profession ?

Pour le savoir, nous avons posé la question à deux professionnels. L’un a une solide expérience ; l’autre est issu de la nouvelle génération… mais ils ont un point commun : malgré les difficultés qu’ils rencontrent au quotidien, ces deux avocats restent passionnés par leur métier !

Pierre Emmanuel Cornil l'exerce depuis 30 ans. Il est le bâtonnier de Charleroi et représente l’ordre des avocats. Des changements dans la profession, il en a connus. Pour lui, ces évolutions ne sont pas mauvaises en soit mais il regrette que le monde politique agisse bien souvent dans la précipitation.

"Nous avons eu un ministre de la Justice qui est un hyperactif législatif ! Il a voulu réformer – et je ne dis pas nécessairement "à tort" – énormément de pans du droit. Sur le plan du code civil par exemple, le droit des sociétés, le code de droit économique (les dispositions en matière de faillite notamment)… Bonnes ou mauvaises, je ne me prononce même pas ! Je dis juste qu'on a, globalement, le sentiment qu'on a voulu aller beaucoup trop vite."

Des modifications dans un contexte budgétaire délicat

Ce n’est pas un scoop : la justice manque de moyens. "Les répercussions touchent tout le monde : les magistrats, les greffiers, les avocats et, surtout, les justiciables finalement, explique Maître François Eteve, président du jeune barreau de Charleroi. Quand on doit expliquer à un client que son dossier ne peut pas être traité tout de suite parce qu'il y a un manque de magistrats ou de moyens…. C'est difficile pour lui de comprendre les raisons qui poussent à un report d'audience, notamment."

Un point positif souligné par les deux avocats tout de même… A Charleroi, la vétusté des tribunaux pose moins problème qu’ailleurs. Les conditions de travail dans l’actuel palais de justice, qui a été désamianté, sont correctes et, surtout, une nouvelle extension du palais du verre a été inaugurée en 2010. Une extension qui accueille le Tribunal et l’auditorat du Travail, ainsi que le Tribunal de Commerce.

Grégory Fobe, RTBF.BE